05/30/15

Ces auteurs qui aident à vivre.

Marie de L’Incarnation
« Je perdais confiance en qui que ce fût, et les personnes les plus saintes et celles avec lesquelles j’avais le plus eu d’entretiens étaient celles d’où je tirais les plus grands sujets de croix, Dieu permettant qu’elles eussent des tentations d’aversion continuelle contre moi, comme 25 depuis elles me l’ont déclaré. Je me voyais, en mon estimative, la plus basse et ravalée et digne de mépris qui fût au monde et, en ce sentiment, je ne pouvais me lasser d’admirer la bonté, douceur et humilité de mes Sœurs de vouloir bien dépendre de moi et de me souffrir. Je n’osais quasi lever les yeux pour le poids de cette humiliation. Dans cette bassesse d’esprit, je m’étudiais de faire les actions les plus basses et viles, ne m’estimant pas digne d’en faire d’autres, et, aux récréations, je n’osais quasi parler, m’en estimant indigne. J’écoutais mes sœurs avec respect; néanmoins je me faisais violence, en ce temps de récréation, pour éviter la singularité » Marie de L’Incarnation ou le chant du cœur René Champagne