Ma mythologie personnelle

Collectif

Mythes et Histoires 

 

Comme tous les autres ouvrages de ce collectif, le présent titre n’appréhende aucun mythe ou archétype des collectivités. Pas plus qu’il ne se convoie dans l’interprétation des mythologies de l’Histoire. Poursuivant un objectif plus rapproché et édénique, il fait tout au plus l’arrimage du mythe personnel, aux sources et réseaux métaphoriques de l’écriture intime.

 

Le mythe personnel se présente lui aussi, comme la mémoire d’un certain passé biologique et historique, s’efforçant de découvrir des pouvoirs et des saluts, qui affirment une spécificité ontologique. La mythologie de l’individu s’inscrit au plus secret de l’imagerie de l’être. Elle exprime un besoin de sacralisation de soi-même et de l’Autre. Elle donne repères et sens généreux aux actions passées ou en devenir.

 

L’avènement d’une mythologie personnelle dans sa conscience, mène au délestage d’expériences déplorables ou funestes. Cette introjection (adoption) est envisagée ainsi sous l’aspect d’une figure alternative, un concept de remplacement, identifiable d’une émotion trop longtemps retenue en deçà des ferveurs de l’être, entreprise qui passe par une phase transitoire de refoulement, de déguisement, voire de déni des composantes de l’expérience.

 

Le mythe serti au plus personnel, celui qu’on arraisonne en soi par sa propre astuce, celui que l’on chérit, ne désigne pas n’importe quel évènement factuel de sa vie pour s’y enliser, mais fait franchir le seuil d’un sens révélateur, une assise, un signe, un geste fondateur, tous ces moyens d’une attitude, d’une contenance, son propre système de croyances, un choix de langage qui nous correspond, opposé à la nocivité du discours ambiant, à tort supposé rationnel.

 

Cette mythologie qui prolifère par l’Intime, apparaît dès lors comme la fonction de l’esprit qui pourvoit une nouvelle cohérence à toute expression de l’âme, balisée par ses symboles, une pluralité des sensations plus ou moins redoutables selon leurs plans d’élévation, vers l’unité qu’on embrasse au terme d’un raisonnement, s’agissant de marquer sa propre différence, une filiation dans le vocabulaire mythologique de toute une vie.

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