Glaciation linguistique

M Fabien Cloutier. J’aimerais tant vous faire part de quelque chose à vous et à d’autres locuteurs y compris certains de vos profs dérisoires, qui aiment tant perpétuer ce miroir de de notre aliénation, plutôt que de s’engager résolument vers la jarovisation de sa langue, comme tous les peuples savent le faire, mais pas le Québec. Il faut cesser de reproduire, comme des francos-américains attardés, ou de reconduire le confinement linguistique des proches parents ou des ancêtres. Tous ceux et celles de Cranbourne sans exception, que je connais intimement, parce que j’y suis né, et j’y ai vécu jusqu’à 18 ans, regrettent amèrement de n’avoir comme héritage que le langage que vous leur proposez à la sortie du Conservatoire. Ils sont bien étonnés de retrouver ce langage de charretier, ou ce langage de curé sans culture, dans la bouche d’un universitaire, qui mieux que chacun d’eux, a pu compter sur tant de privilèges. Puis ils rient de vous, je m’excuse, parce qu’ils aspirent désespérément à un tout autre langage que ce langage de la mauvaise fortune, à une toute autre représentation de leur rêve et psyché, à une toute autre ontologie que vous faillissez à leur proposer comme artiste. Si je sais déjà tous vos réflexes et instincts du moment, si vous me lisez, je garde quand même confiance en vous à long terme, mais que c’est long la sortie de la glaciation linguistique.