L’Enfance sans alibi

enfance-alibi_Cover simple

 

L’ENFANCE SANS ALIBI

Un roman de Philippe Jaroussault

publié aux Éditions Dédicaces

 

http://dedicaces.biz/2013/09/10/lenfance-sans-alibi-par-philippe-jaroussault/

 

L’enfance la mieux balisée dans le souvenir, la plus célébrée par nos tendresses, c’est celle qui se prélasse hardie et fière près des interdits, tel le limes fortifié autour d’un château, ou en périphérie d’un bourg, qu’importe si cette enfance est chemin ou passage, ou si elle est délinquance suffisante, pour prendre ses aises devant l’adversité des frontières et remparts.

 

L’enfant ne peut compter que sur lui-même pour obtenir assistance. S’il convient de se laisser secourir, il ressent complètement qu’on le fait à son encontre, et sur des motifs qui ne le concernent pas. Il le sait de tout temps, que la cause de son être intime est perdue d’avance, c’est le sens de ses manifestations, de son affolement vocal et respiratoire, de sa rébellion en tout, et de toute la féerie gestuelle qu’il profère à son entourage. Si on s’empresse vers lui avec des fariboles, si on lui extirpe de force un sourire, il se rend bien compte de toute la servilité des dépossédés comme lui, et du tribut immense qu’il devra consentir avant d’accéder aux rives qui sont les siennes véritables.

 

Comme les amants à Thélème, qui d’autre que l’enfant pourra s’inscrire complètement au centre de son personnage, sans faire doléance aucune à sa complète vulnérabilité. L’enfant ne convoie aucun motif pour se justifier, ne guerroie aucun alibi pour se disculper. Il est tout au plus innocent parce qu’il sait, il est tout au moins coupable d’ignorer. Il s’abandonne au personnage de l’instant suprême de sa respiration présente. Ses faits et jeux se font plein tarif. Il n’est pas autre simultanément, il s’accommode de n’être que ce premier qu’il a choisi en lui. Il n’est pas ailleurs, il se discerne dans un plein ici, lucide et réel.

 

L’adolescent pour sa part, aura tôt fait de s’enliser dans des trucmuches, puisqu’il tient plus que l’enfant, à se préserver la moindre esquive vers l’affection des siens. Les premières flammes de ses amours, si elles supportent mal les semonces, consentent néanmoins aux servilités de l’adulte, convoyées par des étendards factices comme l’efficacité, le profit ou le pouvoir.

 

Marilem et Roucoul sont ces belligérants des copieuses sensations inédites, celles qui apportent émollient sur  leurs blessures. Ces personnages d’eux-mêmes se prélassent de l’allégorie au symbole, pour ouvrir les passerelles vers la substance organique de l’ineffable. C’est l’argument du présent livre, ces deux êtres sans ambages, qui longent pourtant le précipice des alibis, plutôt que l’enfance entière.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *